Abidjan-Commune de Yopougon/Dans l’ombre de la drogue

La ville ne dort jamais, et derrière les lumières scintillantes, une autre vie s’organise. Dans les ruelles étroites du quartier sicogi de la commune de Yopougon, non loin du 16é arrondissement, des adolescents et jeunes adultes troquent leur innocence contre des substances interdites. Pour beaucoup, c’est le début d’un piège dont on ne sort qu’au prix de souffrances silencieuses. Nous avons décider de plonger au cœur de ce monde méconnu et dangereux.

La réalité des consommateurs

Sous le porche d’un immeuble délabré, B. Adams, à peine 21 ans, parle à voix basse : « Je voulais juste essayer par curiosité…mes amis en prenais, je ne voulais pas être différent. Maintenant, je ne peux plus m’arrêter. » Son regard est vide, marqué par des nuits sans sommeil et des journées vides. Dans les centres de santé, les médecins constatent une hausse inquiétante des overdoses et des maladies liées à l’usage de drogues injectables.

« La dépendance touche presque toutes les couches sociales. Certains étudiants brillants finissent ici parce qu’ils n’ont personne pour les soutenir face aux difficultés de la vie selon le témoignage de plusieurs » explique le Dr miésan, addictologue.

Les routes du trafic

Nous suivons issa, un ancien petit trafiquant aujourd’hui réhabilité, dans son quartier. Il nous raconte les débuts.

« On ne naît pas trafiquant. On commence un jour par livrer des paquets pour se faire un d’argent…mais très vite, tu deviens prisonnier de ce système. »

Les réseaux sont organisés : Importation, stockage, distribution, c’est toute une industrie. Chacun avec son rôle. Les codes et les mots de passe changent constamment pour échapper à la police. « La peur n’arrête pas le business, ajoute issa, amer.

                                          La drogue à portée de main

Dans un café discret, des jeunes se rencontrent pour échanger des substances. Les téléphones vibrent ; des codes sont échangés : « le rouge pour le week-end », « le vert pour le soir ».

La technologie transforme le trafic : applications chiffrées et messageries instantanées, rendent la traque presqu’impossible. « Ils pensent que personne ne peut les retrouver, mais chaque action laisse une trace », prévient un policier spécialisé.

La lutte contre l’ombre

A la brigade antidrogue, les saisies se multiplient : cannabis, cocaïne, héroïne, mais la tâche est immense. « On travaille sans relâche, mais le marché se renouvelle constamment. Nous avons besoins de moyens plus modernes et d’une coopération internationale », explique le commissaire Traoré. Parallèlement, des campagnes de prévention sont menées dans les écoles et quartiers sensibles. Mais sensibiliser les jeunes reste un défi face à la curiosité et la pression sociale.

Les chemins de la réhabilitation

Nous visitons un centre d’accueil pour toxicomanes. L a salle commune est silencieuse, chacun occupé à son cheminement. La psychologue raconte : « ici, nous aidons à reconstruire la personne. C’est long, douloureux, mais chaque progrès est une victoire. » Marie, 25 ans, ancienne consommatrice, témoigne : J’ai touché le fond. Mais j’ai appris que demander de l’aide n’est pas une honte. Aujourd’hui, je peux me reconstruire et prévenir d’autres jeunes. »

En définitive, il revient de retenir que, la drogue n’est pas qu’un simple problème de délinquance : c’est une tragédie sociale et humaine. Derrière chaque chiffre, il y a un visage, une histoire brisée. La lutte contre ce fléau, nécessite vigilance, solidarité et compassion. Car si la drogue prospère dans l’ombre, la lumière viendra des actions de ceux qui refusent de fermer les yeux.

pierre Lazareff

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